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Histoire de l’état-civil et du cimetière à Maisons-Alfort 30 juillet 2011

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Par Amédée CHENAL (1898)

En 1211, lorsque fut octroyée la charte réglementant le droit de pacage, il y avait bien un embryon de propriété ou plutôt de jouissance en commun d’un objet matériel, mais les habitants n’avaient aucun droit moral, et ne pouvaient s’unir librement pour régler les affaires d’intérêt général du village ; ces affaires étaient du reste de bien faible importance.

Les chemins étaient entretenus d’une façon fort élémentaire par corvées ([1]), ou par ceux qui en faisaient usage. L’église, le presbytère et le cimetière appartenaient à la cure, qui pourvoyait tant bien que mal à leur entretien, à l’aide des produits de la dîme, des recettes du culte et des legs et dons qui lui étaient faits par les fidèles. Il n’y avait pas d’état civil régulier, les seigneurs seuls tenant généalogie de leur famille.

1599 – A l’origine, les registres de l’état-civil étaient tenus par les curés, qui étaient presque seuls à savoir lire et écrire.

Voici la reproduction d’un acte de baptême, qui tenait lieu en même temps d’acte de naissance.

« André Creton, fils de Nicolas Creton et de Marie Courtry sa femme, baptisé le dix-huitième jour d’Octobre 1599. Ses parrains H. André Courtry, chanoine de l’église Notre-Dame de Paris, et Charles de Comise, lieutenant de Madame la Princesse de Condé en son château de Saint-Maur-sur-Marne ; marraine, Madame Hilaire de Labitrade, femme de feu André Thomas … ? de la cour de Harley à Paris.  »

Ce Creton, qui avait pour parrains de ses enfants des personnages aussi distingués, était chargé de la recette des domaines de l’Archevêque de Paris.

Pour les mariages, c’était beaucoup plus simple ; exemple :

« Le 12 Juin 1622 Henry Millot épousa Marguerite Jean.  »

1627 – Un peu plus tard en 1627,

« Le 18 Juillet 1627, Nicolas Licaut épousa Marie Cornier, en présence de Michel Caille, Noël Creton, et Marie Cuder.  »

1709 – Il résulte d’un dénombrement qu’il y avait 95 feux. En 1726, il est compté 450 habitants, et en 1745, 92 feux. Ces chiffres tendent à démontrer que nous étions dans le vrai, en estimant à cinq, le nombre de personnes par ménage, dans l’évaluation de la population vers 1324.

Au commencement du XVIIIe siècle, les actes de l’état Civil sont libellés un peu plus longuement que cent ans plus tôt.

1825 – L’acquisition du terrain pour un nouveau cimetière, projetée depuis longtemps, devint définitive ; la dépense était évaluée à 12 300 francs, acquisition, frais et clôtures comprises, pour une surface de 4 430 mètres ; c’est la partie du cimetière actuel sur laquelle existe une double rangée d’arbres. Afin de couvrir cette dépense, il fut établi des centimes extraordinaires pour trois ans ; la prise de possession n’eut lieu qu’en 1826.

1828 – Dans l’ancien cimetière, chacun avait droit, sans bourse délier, à une place qu’on pouvait considérer comme perpétuelle, ainsi que cela existe encore dans les petites communes rurales. Pour le nouveau, après divers remaniements, il fut fait un tarif des concessions qui fixait les perpétuelles à 50 francs le mètre et celles de six ans à 25 francs les deux mètres ; pour prolongation de ces dernières, 4 francs par an, et enfin, sur le tout, en plus des frais, 1/4 pour les pauvres. Ce tarif a été augmenté depuis.

1832 – On rêvait déjà à Maisons, et depuis longtemps, d’avoir une place de fêtes ; certains habitants, par une pétition, demandèrent la démolition des restes des murs du vieux cimetière, qui ne servait plus depuis cinq ans, pour agrandir la place, et y faire la fête. Le Conseil y répondit : « Considérant que si le respect dû aux morts, sentiment inné chez tous les peuples du globe terrestre, s’oppose à la démolition du petit mur de clôture est d’avis que le petit mur dégradé soit rétabli, et que le cime­tière soit clos avec soin. » Mais pour donner un commencement de satisfaction aux pétitionnaires, on décidé « d’abattre les arbres de la place et de reculer les bornes du chemin ». Ce qui n’empêcha pas la suppression définitive du cimetière quelques années après.

1855 – (Après le décès du Marquis Dodun de Keroman, Maire de Maisons-Alfort depuis 1813).

Ceux qui l’ont connu ont encore le souvenir d’un bon vieillard obligeant, sans façons, et très charitable ; les habitants lui ont fait élever par souscription un monument dans le cimetière ; il serait de toute justice qu’une rue portât son nom ; il a certes plus de droits à cet honneur que son successeur immédiat.

1860 – Pour la première fois, un médecin de l’état civil est désigné; c’est M. Josias; il touchera, pour chaque constatation, 2 francs, qui lui seront payés par les familles.

Le premier traité avec l’administration des pompes funèbres fut également fait ; jusque là, on portait les corps à bras.

1871 – Le cimetière devenait trop petit ; M. JOUET donna pour l’agran­dir un terrain de 4055 mètres, avec réserve d’une concession pour l’inhumation de sa famille.

1876 – La nouvelle Constitution, qui chargeait les conseils municipaux d’élire chacun un délégué pour l’élection des sénateurs, eut pour la première fois son application en 1876. M. DANDALLE fut élu.

Son monument, dans le cimetière, porte gravé cette mention : Premier délégué sénatorial.

En exécution d’une loi spéciale, les corps des soldats morts à l’ambulance de l’Ecole pendant la guerre de 1870, furent réunis dans une seule tombe pourvue d’un entourage en fer d’un modèle uniforme. La commune fit les frais de la pierre tumulaire; comme nous l’avons dit plus haut, 220 jeunes gens avaient succombé pendant l’année terrible dans cet hôpital improvisé.

De l’autre côté du cimetière, on fit aussi une tombe de moindres dimensions pour les soldats allemands morts pendant l’occupation; quelques-uns de ceux-là avaient été tués dans le fort en déchargeant une mine. Ils furent tout d’abord enterrés à l’entrée de l’avenue du Château-Gaillard, près la route de Créteil, d’où ils furent exhumés pour être transportés au lieu qu’ ils occupent encore aujourd’hui (en 1898).

1879 – Certains volumes de la bibliothèque, fondée sous l’administration précédente, ayant un caractère religieux, ou jugés comme tels, notamment une Bible fort ancienne, furent brûlés comme mauvais livres. Le traitement du vicaire fut supprimé, les manifestations religieuses interdites dans les rues et, enfin, les emblèmes du culte enlevés des écoles.

1884 – A la suite des nouvelles élections, M. DURST devint maire. MM. MIGNARD et HENNEQUIN adjoints.

Les séances du conseil devenant publiques, l’ancienne salle servant à ses réunions était trop exiguë ; on affecta à cet usage une classe devenue sans emploi.

L’inauguration et la prise de possession de la nouvelle école des garçons eurent lieu.

L’acquisition, par voie d’expropriation, du terrain nécessaire à l’agrandissement du cimetière fut décidée.

Extraits de :     Histoire de Maisons-Alfort et d’Alfortville.

 Par Amédée Chenal – 1898

 

Cet ouvrage a été réédité par Le Cercle Généalogique de Maisons-Alfort, il est disponible sous forme électronique (word) sur simple demande

 

CHENAL (François Amédée). Né le 2 septembre 1852 à Maisons-Alfort, mort le 16 octobre 1919 à Maisons-Alfort. Député de la Seine de 1909 à 1914.

 


[1] Corvée : travail, ou service gratuit, qui était dû par certaines personnes au roi, ou au seigneur.

 

 

 
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